Qui sont les déplacés
et pourquoi
quittent-ils leur pays ?
- Mars 2022 -
Une meilleure connaissance des
personnes migrantes/déplacées/réfugiées[1]
et de la situation actuelle de leur pays d’origine[2]
apporte une plus grande compréhension de leur parcours et des raisons de leur
exil.
En ce qui concerne la France, ces personnes se retrouvent aux mêmes endroits, comme le « point d’accumulation »[3] que représente la région de Calais et de Dunkerque ou encore les arrondissements du nord de Paris. Ou, comme ce fut le cas avec le démantèlement total du camp de Calais, elles sont sommées de rejoindre des CAO dispersés sur le territoire national.
Il est fondamental aussi d’appréhender les principaux codes sociaux[4] qui régissent leur relation avec autrui. Ces codes sont variables d’un pays à l’autre, d’une culture à l’autre, d’un continent à l’autre. Les connaître c’est aussi permettre à la personne déplacée de découvrir les nôtres, en douceur et sans jugement ; du multiculturalisme - cohabitation de plusieurs cultures sans qu’il y ait de combinaison ou d’assimilation - à la syncrétisation - combinaison entre la culture d'origine et la nouvelle - c'est le métissage culturel. En prenant connaissance des codes sociaux des différents pays, on évite, autant que faire se peut, les heurts et les offenses et on permet à la personne déplacée d'appréhender les codes occidentaux interrelationnels pour qu'elle puisse agir sur et dans son environnement.
[1] Pour rappel, le statut de « réfugié » est délivré par les autorités d’un Etat ou à défaut par le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Un individu ayant déposé une demande de statut de réfugié est « demandeur d’asile » dans l’attente d’une décision le concernant. Une personne migrante est quelqu’un qui a quitté son pays pour un autre que ce soit pour des raisons professionnelles, économiques ou pour fuir un conflit ou des persécutions. Migrant est un terme un peu flou, largement usité depuis la crise de 2015, qui évoque plus le mouvement de population plutôt que les raisons de l’exil. Les personnes « déplacées » le deviennent sous la contrainte, elles fuient un pays dans un état de très grande pauvreté et/ou qui connaît un conflit meurtrier, des violences généralisées, des catastrophes naturelles ou provoquées par l'homme ; une personne déplacée est en errance. Soit elle a un pays-objectif mais ne parvient pas à l’atteindre (cas du Royaume Uni), soit elle entreprend ou a entrepris des démarches de demande d’asile qui sont en cours ou ont été déboutées.
[2] Sources : populationdata.net / routard.com / petitfute.com / unhcr.org / oecd.org
[3] « Le pas d'après », rapport de MM. Jean Aribaud et Jérôme Vignon au ministre de l'intérieur sur la situation des migrants à Calais, juin 2015.
[4] Ces contenus
ne sont que des aperçus, il revient à chacun de poursuivre ses propres
recherches à l'aide d'autres sources et d’utiliser le processus de
triangulation. Il est même fort possible que le lecteur soit en désaccord,
attitude tout à fait naturelle au regard de la complexité du sujet, quelques
lignes ne sauraient traduire toute la culture d’un peuple ; dans ce cas,
il est important de partager son expérience et ses commentaires.
Source: livret "Nous sommes avant tout des enfants!" cf page Stop aux idées reçues
AFGHANISTAN
Carrefour de l’Asie centrale,
entouré par le Pakistan, l’Iran, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan
et la Chine, l’Afghanistan est depuis quarante ans le théâtre constant
de conflits armés. Les talibans, un temps cantonnés dans leurs fiefs à majorité
pachtounes au sud et à l’est, ont repris en août 2021 les rênes du pays après
l'effondrement des forces gouvernementales et la fuite à l'étranger du
président Ashraf Ghani.
Avant même que les Talibans
ne prennent le contrôle, la détérioration de la situation sécuritaire dans
le pays signifiait que plus de 250 000 personnes avaient été forcées de quitter
leur foyer en juillet, portant le nombre total de personnes déplacées à
l'intérieur du pays à 3,5 millions.
Le nombre d’Afghans en quête
d’asile dans les pays voisins a augmenté depuis août 2021. 85% des réfugiés afghans sont au Pakistan et en Iran. Le Conseil norvégien pour les réfugiés a signalé en novembre
que 4 000 à 5 000 Afghans passaient quotidiennement la frontière pour se rendre
en Iran.
Les ressortissants afghans, y
compris celles et ceux qui risquaient de subir des représailles, ont vu leur
droit de demander l’asile à l’étranger compromis par les restrictions à la
sortie du territoire imposées par les talibans, et notamment par les
difficultés souvent insurmontables pour obtenir un passeport et un visa. Il
était à craindre que les restrictions aux frontières appliquées par les pays
voisins n’obligent les Afghans à entreprendre des voyages clandestins en
faisant appel à des passeurs, les exposant à de nouvelles atteintes aux droits
humains.
L’Afghanistan est le premier pays
de provenance des mineurs non accompagnés ou MIE ; en 2019 ils
étaient plus de 4000 soit 30% des MIE à effectuer une demande d’asile dans un
des pays européens.
Selon une enquête du HCR - Haut-Commissariat
aux Réfugiés - sur les îles grecques,
71% des afghans ont cité « le conflit et la violence » en tant que motif
principal de départ de leur pays d’origine, 44% avaient, par ailleurs un
diplôme secondaire ou universitaire, 40% étaient des femmes ou des enfants.
Pour mieux connaître l’Afghanistan et les afghans
Capitale : Kaboul
Continent : Asie
Sous-continent : Asie Centrale
Superficie : 652 864 km² (France 543 940 km²)
Population : 28 millions d’habitants
Langue(s) : Persan : 50%,
pashtou : 35%, langues turques
(principalement ouzbek et turkmène) : 11%, baloutchi, pashayi, et les autres :
4%.
Religion(s) principale(s) : Islam sunnite : 80%, islam chiite : 19%, autres : 1%.
Composition de la population : Pashtoun
: 42%,
Tadjik : 27%, Ouzbek : 9%, Hazara : 9%,
autres – 13%.
Principales villes du pays : Kaboul / Hérat / Mazar-e-Charif / Kandahâr
/ Jalalabad
Mets typiques : Qorma-e-lubia (Curry de haricots rouges) / Ashak
(ravioles aux poireaux, ragoût de viande, pois chiches et sauce au yaourt et
menthe) / Bandjan bourani (aubergines et yaourt) / Naan (pains plats)
Communication verbale et non verbale, conversation / codes : Les
afghans aiment parler aux étrangers, de leur famille, de leur enfants, de leur
région d’origine. Ils sont souriants, ils savent plaisanter tant que l’humour
reste correct, ne cible pas une minorité et n’est pas à connotation sexuelle si
des femmes sont présentes.
Les hommes se saluent entre eux
et saluent les femmes par une poignée de main ; il est préférable que les
femmes attendent qu’on leur tende la main avant d’offrir la leur.
Les Afghans s’adressent à l’autre
de façon formelle et il est important que la réciproque se fasse. Après plus
ample connaissance, ils appellent leur interlocuteur par le titre qui convient,
suivi du prénom, par exemple, « Madame Martine », plutôt que par le nom de
famille. Ils sont en général très polis.
Sous le régime des talibans,
rires et musiques sont interdits. Les afghans aiment la musique et sont très
souriants.
Démonstration des émotions : Les démonstrations de sympathie,
d’affection ne sont pas permises en public en Afghanistan. Il est également
impoli d’élever la voix ou de montrer sa colère devant les autres. Il est très
rare de voir un afghan pleurer en public, il est d’ailleurs très mal à l’aise
lorsqu’un étranger pleure devant lui.
Code vestimentaire, ponctualité : La tenue vestimentaire est très
conservatrice pour les hommes et les femmes. Les hommes portent des vêtements à
manches longues et des pantalons longs. Les shorts ne sont pas acceptables. Les
femmes doivent être couvertes de la tête aux pieds de vêtements lâches. Les
pantalons sont acceptables, les jeans serrés ne le sont pas.
Il y a toujours l’heure normale
et « l’heure afghane », qui est l’heure fixée, plus 30 à 45 minutes.
Système sociétal, religion, classe : La société afghane étant de
type patriarcal, les hommes sont toujours considérés comme supérieurs aux
femmes. Les femmes sont limitées à plusieurs égards par leur mari ou leur père
et font ce que ces derniers leur disent.
L’islam est la seule religion en
Afghanistan; la plupart des Afghans tolèrent toutes les autres religions.
Il existe des différences de
classe évidentes. Les gens instruits et ceux qui occupent des postes élevés
sont mieux traités que les autres. Par exemple, le chauffeur d’un véhicule ne
mangera pas à la même table que la personne qu’il conduit.
Établir de bonnes relations :
Les Afghans sont très sociaux, loyaux et font facilement confiance. Si une
promesse est faite, elle doit être tenue.
Héros nationaux : Le grand Massoud est actuellement le héros du
pays. Il a été l’homme fort de la guerre contre les Soviétiques et il s’est
activement opposé aux Talibans. Il a été assassiné le 9 septembre 2001, juste
avant l’attentat du 11 septembre.
Pour en savoir plus :
Côte d’Ivoire
La crise post-électorale 2010 et le différend entre Laurent Gbabo et Alassane Ouattara a causé la mort de plus de 3000 personnes. Selon le Haut Commissariat aux Réfugiés, environ un million d'autres avaient été déplacées de force dans le pays ou avaient fui dans les pays voisins. Cette crise a pris fin avec l’installation d’Alassane Ouattara au pouvoir et mis un terme à 9 ans de guerre civile mais, pour autant, la réconciliation peine à se faire. Alors qu’elle s’affiche comme la seconde puissance économique de l’Afrique de l’Ouest, la Côte d’Ivoire continue de creuser le considérable fossé qui sépare riches et pauvres, la corruption y fait rage et la colère sociale gronde. Fuyant d’abord vers les pays limitrophes (60 000 ivoiriens seraient encore dans des camps au Libéria), certains tentent et parfois réussissent à gagner l’Europe et la France.
Pour mieux connaître la Côte d’Ivoire et les ivoiriens
Capitale : Yamoussoukro
Continent : Afrique / Afrique de l'Ouest
Superficie : 322 462 km²
Population : 24 millions d’habitants
Langue(s) : Français (langue officielle), 60 dialectes locaux (principalement dioula).
Religion(s) principale(s) : Islam : 35/40%, croyances indigènes : 25/40%, chrétienne : 20/30%.
Composition de la population : Akan : 42,1%, Voltaïque ou Gur : 17,6%, Mandé du nord : 16,5%, Krou : 11%, Mandé du sud : 10%, autres : 2,8%
Principales villes du pays : Abidjan / Bouaké / Daloa / Korhogo / Yamoussoukro / San-Pédro
Mets typiques : Le foutou : le plat national. Deux versions : banane ou igname. Boules compactes avec une sauce « graines » (sauce rouge préparée à partir de l’huile des graines de palmiers) et servies avec du poisson ou de la viande. L'aloko : grosses bananes coupées en tranches frites dans de l'huile. Le poulet braisé. Le kedjenou : poulet, poisson ou agouti en sauce à la tomate. Le gouagouassou : c'est un ragoût de viandes diverses, de poissons, cuits avec une sauce de légumes (aubergine, gombo).
Communication verbale et non verbale, conversation / codes : Il est de bon ton de s’informer de la famille, des enfants s’il y en a. Les discussions autour des évènements sportifs qui ont pu avoir lieu (matchs de foot), culturels, les grandes fêtes religieuses témoignent d’un intérêt pour la culture ivoirienne. Eviter les sujets qui touchent de près ou de loin à la politique en Côte d’Ivoire. Il vaut mieux se présenter comme ignorant des enjeux plutôt que d’afficher une opinion claire.
Démonstration des émotions : Les démonstrations en public d’attachement affectif sont rares, c’est considéré comme de l’ordre de l’intime, du privé. Pour autant, les ivoiriens sont expressifs et les sentiments comme la colère, la joie, le chagrin ou l’indignation sont aisément montrés. En général, cette expression publique est plutôt bien acceptée tant qu’elle n’enfreint pas les règles hiérarchiques (respect des aînés), qu’elle est verbalisée dans un langage correct et qu’elle ne s’accompagne pas de violence.
Code vestimentaire, ponctualité : Les ivoiriens aiment être bien habillés. Encore plus lorsqu’il s’agit d’une cérémonie, d’une fête. Ils sont ponctuels.
Système sociétal, religion, classe : Le respect de la hiérarchie et celui des titres sont très important pour un ivoirien (utilisation du vouvoiement et de Madame ou Monsieur). Les hommes reconnaissent le rôle des femmes dans la famille, dans la société mais ne croient pas à l’ « égalité des sexes » et le chef de famille reste l’homme. Pour autant, ces positions sont remises en cause par les générations montantes.
Les deux principales religions sont l’Islam et le catholicisme en plus des croyances animistes et traditionnelles. Il y a dans la société ivoirienne très peu de manifestation d’intégrisme.
Lorsqu’une personne « réussie », on attend d’elle qu’elle redistribue ses richesses et participe soit à la scolarité d’un plus jeune, soit aux soins nécessaires à un aîné.
Eviter les questions sur l’origine ethnique, source de tension encore aujourd’hui.
Héros nationaux : Les grands joueurs de foot à l’échelle mondiale ainsi que les membres de l’équipe nationale sont vénérés et admirés, tous comme les grandes stars de la musique d’origine ivoirienne (ex : Alpha Blondy).
Pour en savoir plus :
Le journal satirique burkinabé « Journal du Jeudi », disponible sur le net. Le ministère de la culture et de la francophonie – Côte d’Ivoire


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